Claude Viallat, né en 1936 à Nîmes, entre à l'École des Beaux-arts de Montpellier en 1955. Il y assiste à la classe de dessin de Decossy et fait la rencontre de Vincent Bioulès, Daniel Dezeuze, Toni Grand, André-Pierre Arnal, Jean Azémard, Michel Bertrand, François Rouan et d’Henriette Pous, qu’il épousera. Il est reçu en 1959 au concours d’entrée à l’école des Beaux-arts de Paris, mais part pour un service militaire de 28 mois. À son retour, en 1962, il intègre l’atelier de Raymond Legueult. En 1963 il est logiste, avec Michel Parmentier, Pierre Buraglio, Joël Kermarrec et Henriette Pous. En 1969, il cofonde le mouvement Supports/Surfaces. Sa carrière d’enseignant débute dès 1963 à la Seyne-sur-Mer, avant d’obtenir un poste à l’École des Arts Décoratifs de Nice, à l'École des Beaux-arts de Limoges en 1967, de Marseille en 1973, de Nîmes en 1979 et de Paris en 1991.
Béatrice Casadesus, peintre et sculptrice, est née en 1942 à Paris. Dès son plus jeune âge, elle s’intéresse à la peinture. Entre 1956 et 1959, elle suit les cours d'Edmée Larnaudie (1911-2001) à l'école des arts appliqués de Paris. Admise au début des années 1960 à l’école des Beaux-arts de Paris en peinture, elle choisit finalement de poursuivre son parcours en sculpture dans l’atelier d'Henri-Georges Adam (1904-1967), ce qui l’amène à côtoyer des architectes et à réaliser de nombreuses commandes publiques. En 1964, elle reçoit le Second Prix de Rome de Sculpture et obtient une bourse d'études qui lui permet de séjourner en Italie. La même année, elle est Lauréate de la Fondation de la Vocation et reçoit une bourse d'Art monumental. Entre 1968 et 1969 elle commence à enseigner dans des écoles d'architecture. À partir des années 1970, Béatrice Casadesus revient à la peinture par la redécouverte de l’œuvre de Georges Seurat (1859-1891).
De 1970 à 1973, elle participe à la création de l'unité d'enseignement et de recherche en art plastique à la Sorbonne. Elle revient à l’école des Beaux-arts de Paris de 1992 à 1994 où elle dirige l'atelier d'art monumental. Elle est nommée également professeure titulaire des Écoles d’Architecture en Art et Représentation.
Elsa Cayo est une artiste vidéaste née en 1951 à Lima au
Pérou. Elle mène dans un premier temps des études de Lettres
à la Universidad Nacional de San Marcos puis se dirige vers des
études d’arts visuels à la Faculté
d’architecture et du département des arts visuels. En 1970, elle
se rend au Chili lors des élections présidentielles et y poursuit
des études de théâtre à la Universidad de Santiago de
Chile jusqu’en 1973 ; elle participera à des tournages et
fera la connaissance de Raoúl Ruiz (1941-2011). À la suite
d’un court séjour d’une année au Pérou, elle se
rend en Europe et débute un périple la menant à Barcelone,
Bruxelles et Paris. Arrivée en 1976 à Paris, elle devient cheffe
d’atelier aux Beaux-arts de Paris de 2005 à 2017.
Durant toute sa carrière, elle s’intéresse à
l’art vidéo ainsi qu’au cinéma. En 1982, elle
réalise une première fiction, Qui vole un œuf, vole un bœuf , puis en 1983, Le Java, sélectionné au Festival de Locarno, et Nez, Gorge, Oreilles , sélectionné au Festival de San Sébastian.
Dominique Belloir est née en 1948 en Bretagne. Formée à
l’École des Beaux-arts entre 1967 et 1970 dans l’atelier
d’Étienne Martin (1913-1995), elle a également
étudié à l’école des Arts Décoratifs de
Paris. En 1978, elle est diplômée d'une maîtrise de
cinéma et d'un doctorat d'esthétique. Elle revient en 1995 à
l’École des Beaux-arts en tant que professeure-cheffe
d’atelier multimédia-vidéo-film, ainsi qu’en tant que
coordinatrice du département multimédia à partir de 1998.
Elle axe rapidement son activité artistique sur la vidéo,
participant alors aux premiers pas de cet art nouveau en France. Elle
réalise dès 1972 par exemple, ses premiers documentaires
socioculturels grâce aux premières unités vidéos
portables.
Elle a, de plus, contribué à l'organisation, en tant que
coordinatrice du secteur vidéo, de manifestations en France et à
l'étranger : l’Art Vidéo Confrontation au
Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Electra 83, la 11e Biennale de Paris, ou encore La Vidéo casse le baroque au centre culturel de Belgique
à Paris.
Elle est responsable de programmation d'art vidéo français pour
de nombreux festivals au Chili, en Italie, en Grèce et ailleurs.
Enfin, Dominique Belloir s'est également impliquée dans quelques
entreprises collectives.
Patrick Tosani est né en 1954 à Boissy-l'Aillerie dans le Val-d'Oise. De 1973 à 1979, il étudie à l’École spéciale d’architecture à Paris, dont il est diplômé. Dès 1975, parallèlement à ces études, il s’intéresse à la photographie devenue son médium exclusif. Il développe notamment un travail sur l’image où les questions d’espace et d’échelle sont centrales. Le processus photographique, ses potentialités, ses limites, la relation au réel sont constamment interrogés à travers des séries sur les objets, le corps, les vêtements… Lauréat du prix Kodak de la Critique photographique en 1983 et du prix Niépce en 1997, il fait régulièrement l’objet d’expositions en France et à l’étranger et participe à de nombreuses expositions collectives. Il débute le métier d’enseignant en 1988 aux Beaux-arts de Grenoble puis poursuit aux Beaux-arts de Lyon de 1992 à 1998 et à l’École spéciale d’architecture en 2003. Enfin, il est nommé en 2004 aux Beaux-arts de Paris en tant que chef d’atelier photographie où il reste jusqu’en 2019.
Sylvie Fanchon est née en 1953 à Nairobi au Kenya. Elle est formée à l’école des Beaux-arts de Paris entre 1978 et 1981 et passe notamment dans les ateliers de Jacques Yankel (1920-2020) et d’Olivier Debré (1920-1999). Elle est diplômée de l’école en 1982. Sa carrière débute dès sa sortie de cette école, alors qu’elle s’engage dans une réflexion globale sur sa pratique en tant que peintre. En 1987, sa première exposition personnelle est inaugurée à la galerie Françoise Palluel à Paris. Sa carrière est marquée par différentes périodes durant lesquelles Sylvie Fanchon s’essaie à différentes techniques picturales. Elle cherche à s’affranchir des différents modèles artistiques qu’elle cumule, afin de construire une propre relation à son médium. Elle s’engage notamment dans un travail sur le vocabulaire d’images puisées dans la culture populaire et le quotidien. Sylvie Fanchon revient aux Beaux-arts de Paris en tant que cheffe d’atelier en 2000 jusqu’à son départ en 2019. Son enseignement s’inscrit dans le cadre d’un atelier associant Bernard Piffaretti et Dominique Figarella. Appelé « P2F », cet atelier se fonde sur un enseignement collaboratif. Elle occupe également pendant un temps la fonction de coordinatrice du département Peinture/Dessin.
Giuseppe Penone est né en 1947 à Garessio dans le Piémont en Italie. Après avoir obtenu un diplôme de comptabilité dans le secondaire, il intègre l’École des Beaux-arts de Turin en 1966 dont il sort plus tard selon lui, avec « une idée fausse de l’art ». Dès la fin des années 1960, il partage les réflexions d’artistes principalement actifs entre Turin et Rome, et rassemblés sous le nom de l’Arte Povera . Sculpteur considéré comme un artiste conceptuel, il explore et interroge de manière permanente dans ses œuvres les relations entre les formes naturelles et artificielles, les rapports entre l’homme et la nature et emploie notamment une variété de matériaux.
Il devient rapidement une figure majeure de la scène artistique italienne et expose très vite à l’international. En 2001, il reçoit le prix Rolf Schock en arts visuels et, en 2007, participe à la Biennale de Venise.
Il enseigne à l’École des Beaux-arts de Paris de en tant que chef d’atelier sculpture de 1997 à 2012.
Vincent Barré est né en 1948 à Vierzon. Formé à l’École des Beaux-arts en architecture dès 1967, il passe au sein de divers ateliers, notamment celui de Paul La Mache (1918-1999) de Georges Candilis (1913-1995), puis celui de David Georges Emmerich (1925-1996) ou encore celui de Bernard Lassus (1929-…) et Émile Aillaud (1902-1988). Il obtient son diplôme en 1972 et part la même année pour Philadelphie. À l’université de Pennsylvanie, Vincent Barré se forme dans les ateliers de Louis Kahn (1901-1974) et de Robert Le Ricolais (1894-1977), il obtient un nouveau diplôme en architecture en 1974. De retour en France, il réalise un doctorat de 3e cycle en Urbanisme à l’Université de Créteil en 1979. En 1982, il cesse son activité d’architecte libéral et se consacre à la sculpture. Il débute sa carrière d’enseignant à cette date et enseigne les arts plastiques à l’École d’architecture de Paris-Nanterre et de Paris-Belleville.
Vincent Barré retourne à l’École des Beaux-arts en 1987, en tant qu’assistant du sculpteur Georges Jeanclos (1933-1997) et coordinateur du département Sculpture. Il devient chef d’atelier Sculpture/Volume de 1995 à 2011.
Mathilde Ferrer, ancienne élève de l’École des Beaux-arts de Paris, a occupé à l’École des postes aux intitulés divers à partir du début des années 1970 avant d’y être nommée professeure. Elle est à l’origine du centre d’information et de documentation (C.I.D.), par lequel elle a contribué à ouvrir l’École aux pratiques artistiques et théoriques les plus récentes, via la constitution d’un fond de référence, l’organisation de séminaires et conférences, ainsi que l’invitation ponctuelle d’artistes. Le centre permettra la création de la médiathèque de l’ENSBA en 1983. Mathilde Ferrer a aussi utilisé la vidéo pour documenter des expositions et des évènements au sein de l’École, contribuant ainsi à créer une place à ce medium qui sera enseigné en tant que tel à partir de la fin des années 1980.
Richard Deacon est né en 1949 à Bangor au Pays de Galles, il est un des représentants de la « nouvelle sculpture anglaise » contemporaine avec Tony Cragg, Anthony Caro ou encore Anish Kapoor.
Richard Deacon se forme dans différents lieux au Royaume Uni, notamment au Somerset College of Art (1968-1969), à la Saint Martins School of Art (1969-1972) mais aussi au Royal College of Art entre 1974 et 1977, où il rencontre notamment Tony Cragg. Il y obtient un master en média environnement. De 1978 à 1979, il effectue avec son épouse Jacqueline Poncelet un un voyage initiatique aux États-Unis.
L’enseignement a accompagné l’ensemble de sa carrière puisqu’il commence à enseigner en 1977 dans différentes écoles d’art au Royaume Uni notamment à la Central School of Art & Design de Londres ou encore à la Chelsea School of Art. Il est régulièrement appelé comme professeur invité dans différentes académies d’art en Europe puis devient chef d’atelier sculpture à l’école des beaux-arts de Paris en 1999, où il y reste pendant 10 ans.
Christian Boltanski naît à Paris en 1944 et y meurt en 2021. Artiste autodidacte, il se définissait comme peintre et pratiquait aussi l’installation, la vidéo, la sculpture, la photographie. Il commença à exposer à la fin des années 1960. Ses thèmes de prédilection, la mémoire, la fiction, le rapport entre collectif et individuel, se trouvent explorés dans son importante production. Ses œuvres sont présentes dans la plupart des collections publiques et privées mondiales.
Chef d’atelier multimédia à l’École des Beaux-arts de Paris durant 23 ans (de 1986 à 2009), il a auparavant enseigné aux Beaux-arts de Bordeaux à partir de 1979. Sa pratique pédagogique se caractérise par la grande liberté donnée à ses élèves et par la place prépondérante du récit, de l’anecdote et de l’étude des mythologies individuelles.
Le premier entretien, réalisé à l’École des Beaux-arts, réunit Adrien Genty, Stéphanie Saadé et Isabelle Vicherat.
Le second, réalisé en ligne, réunit Axel Braun, Renata Haar et Dominique Hurth.
Elsa Cayo est une artiste vidéaste née en 1951 à Lima au Pérou. Elle mène dans un premier temps des études de Lettres à la Universidad Nacional de San Marcos puis se dirige vers des études d’arts visuels à la Faculté d’architecture et du département des arts visuels. En 1970, elle se rend au Chili lors des élections présidentielles et y poursuit des études de théâtre à la Universidad de Santiago de Chile jusqu’en 1973 ; elle participera à des tournages et fera la connaissance de Raoúl Ruiz (1941-2011). À la suite d’un court séjour d’une année au Pérou, elle se rend en Europe et débute un périple la menant à Barcelone, Bruxelles et Paris. Arrivée en 1976 à Paris, elle devient cheffe d’atelier aux Beaux-arts de Paris de 2005 à 2017.
Durant toute sa carrière, elle s’intéresse à l’art vidéo ainsi qu’au cinéma. En 1982, elle réalise une première fiction, Qui vole un œuf, vole un bœuf , puis en 1983, Le Java , sélectionné au Festival de Locarno, et Nez, Gorge, Oreilles , sélectionné au Festival de San Sébastian.
L’entretien réunit trois anciennes et anciens élèves : Jean Hubert, Sarah Srage et Marion Verboom, qui ont été à l’atelier Cayo au milieu des années 2000.
Né en 1953 à Saïda en Algérie, Jean-Michel Albérola vit et travaille aujourd’hui à Paris. Il a été formé à l’université d’Aix-en-Provence en arts plastiques. Son œuvre protéiforme, entre figuration, abstraction et art conceptuel, s’intéresse aux liens entre le texte et le visuel, et se caractérise par une grande attention à la couleur.
Il est chef d’atelier peinture à l’École des Beaux-arts de Paris de 1991 à 2018.
L’entretien réunit Coraline de Chiara, Alexandre Dhuy et Lucie Picandet.
Jakob Kikoïne dit Jacques Yankel, artiste peintre, sculpteur et lithographe, est né en 1920 à Paris et décédé en 2020 à Aubenas. Fils de Michel Kikoïne, peintre français d’origine russe et membre de l’École de Paris, il passe son enfance au sein de La Ruche, célèbre phalanstère d’artistes créé dans le XVe arrondissement parisien. Côtoyant notamment des artistes comme Soutine, Modigliani, Chagall, Krémègne ou encore Léger, il se forge ainsi de manière précoce une culture artistique.
Après une courte carrière de géologue, il se consacre à la peinture, au dessin, à la sculpture et développe une pratique de l’assemblage. Au retour de son voyage en Afrique dans les années 1950, Yankel est très vite exposé dans de nombreuses galeries parisiennes et obtient divers prix et distinctions tels que le 1er prix de la Société des Amateurs d’Art ou encore le Prix Fénéon.
C’est en 1968 qu’il devient professeur à l’École des Beaux-arts de Paris, remplaçant Raymond Legueult qui avait abandonné son atelier de peinture. Il y restera comme professeur pendant dix-sept ans. Son atelier est à l’origine notamment de l’émergence du mouvement Vohou-Vouhou , artistes venus de l’école des Beaux-arts d’Abidjan.
Née en Suisse, Isabelle Waldberg (1911-1990) a été formée à Zurich auprès du sculpteur Hans Jacob Meyer (1933) puis à Paris, à la Grande Chaumière (1936). C’est alors qu’elle fait la rencontre de Diego Giacometti : la découverte de son œuvre la marque durablement. En 1937, elle fait la connaissance de son futur époux, le poète et écrivain Patrick Waldberg, alors très proche des grandes figures du surréalisme et secrétaire du collège de Sociologie fondé par Georges Bataille. Elle suit les cours d’ethnographie de Marcel Mauss et est une des deux femmes contribuant à la société Acéphale pour laquelle elle réalise la traduction des textes de Nietzsche. Toutes ses réalisations ultérieures porteront la marque de son intérêt personnel pour la littérature et l’anthropologie. En 1942, elle rejoint Patrick Waldberg, exilé à New-York où elle se lie d’amitié avec Claude Lévi-Strauss, Robert Lebel, André Breton, ainsi que Marcel Duchamp et où elle réalise sa première exposition personnelle. Après la guerre, elle revient à Paris, où elle s’installe dans l’atelier de Marcel Duchamp, resté aux États-Unis. Elle poursuit alors de manière discrète un itinéraire polymorphe et tout à fait personnel, marqué par l’héritage du surréalisme mais qui s’en éloigne constamment par son goût pour l’abstraction. Le travail d’Isabelle Waldberg obtient en France une reconnaissance tardive, avec le prix Bourdelle en 1962, puis sa nomination en 1973 comme cheffe d’atelier de l’Ecole des beaux-arts. Elle y incarne, à côté d’Etienne-Martin, arrivé en 1968 et qui soutiendra sa nomination, et de César, nommé en 1970, le renouveau pédagogique progressif de l’École qui suivit mai 1968 et est considérée comme la première femme cheffe d’atelier.
L’entretien a réuni aux Beaux-Arts de Paris Elisabeth Ballet, Henri Foucault et Christel Robertson.
En arrivant aux Beaux-arts en 1973, cinq très jeunes artistes se découvrent un mauvais esprit commun. Ils sont inscrits à l’atelier de dessin et d’animation visuelle de Marcel Gili. C’est là que Christian Chapiron et Olivia Clavel, rapidement rejoints par Jean-Louis Dupré, Bernard Vidal, Philippe Renault et d’autres, fabriquent le dessin contre son histoire. Ils inventent un vocabulaire formel et un panel de techniques en rupture avec ce que l’École enseigne et valorise. Christian Chapiron notamment travaille au calque, et à partir de photographies, faisant fi de la main et du savoir-faire traditionnel.
Profondément ennuyés par les pratiques « mortelles » qu’ils voient à l’école, ils établissent dès 1973 le programme qu’ils suivront toute leur vie : transformer le monde en une salle de jeu. Cette ambition révolutionnaire n’est pas des moindres. Leurs noms d’artistes sont d’ailleurs aussi des noms de guerre : Olivia Clavel devient Atomic Clito, Christian Chapiron Kiki Picasso, Jean-Louis Dupré Loulou Picasso, Bernard Vidal Bananar et Philippe Renault Lulu Larsen. Ces comparses se retrouvent autour d’une culture visuelle commune. Fans autoproclamés de Pilote , Hara Kiri , Charlie , ils découvrent la possibilité d’une bande dessinée pour adultes avec la publication en France des premiers dessins de Robert Crumb dans Actuel en 1970, et la création de l’Écho des Savanes en mai 1972 les conforte dans leur orientation. Nourris de ces pratiques marginales et encore très nouvelles en France, ils développent un fonctionnement clanique : « L’enseignement, on se l’est donné nous-mêmes, c’était entre élèves que ça se passait. » Ils s’auto-éduquent en provocation : leurs images, gestes et attitudes doivent être tellement déplacés et irritants qu’en face on s’étouffe de rage.
Le premier numéro de Bazooka est en fait un projet d’atelier : la bande remplit un carton à dessins, et l’été 1974 est consacré à y puiser le matériau du premier numéro de la revue, publiée en décembre 1974. À partir de sa publication, ils ne reviendront plus à l’École, tout en y restant longtemps inscrits pour bénéficier du statut d’étudiant. C’est dans les locaux d’Actuel , avant et après sa fermeture en octobre 1975, que l’aventure se poursuit. Ils reconduisent ainsi à l’extérieur le type de dialogue et de travail communautaire que l’École leur avait permis de mettre en place.
L’entretien réunit Olivia Clavel et Christian Chapiron, dit Kiki Picasso.